Trajectoire ethnographique : du dialogue au devoir de synthèse

Karine Bates

Résumé

Les données empiriques recueillies lors de ma recherche sur le droit en Inde présentent le pluralisme juridique comme étant une série de dialogues (explicites et implicites) entre divers acteurs. Ces échanges sont foncièrement imbriqués les uns aux autres, et c’est leur juxtaposition qui permet de saisir l’influence des techniques d’écriture sur le rapport des gens au droit étatique, et du droit étatique avec les gens. La jurisprudence révèle des faits qui peuvent être utiles à l’ethnologue pour comprendre, d’une part, le litige en question puis, d’autre part, le raisonnement juridique comme tel. Une fois cette forme d’écriture combinée à l’ethno-jurisprudence, l’ethno-juriste peut saisir au moins deux aspects supplémentaires de la complexité de la culture juridique. Le premier aspect est la manière dont le langage juridique formel façonne les expériences des personnes impliquées dans un litige. Le second est l’existence de l’informel à l’intérieur même des tribunaux, facette qui dévoile la diversité des mécanismes de résolution de conflit offerts par une culture juridique étatique apparemment uni-dimensionnelle. C’est à travers cette polyvocalité qu’il est possible d’analyser différents modèles de justice pour en faire une certaine synthèse.

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