Quel langage musical à l’âge de la postmodernité? Quelques repères pour l’écriture anthropologique

Yara El-Ghadban

Résumé

Si dans les arts le postmoderne renvoie à un style ou mode d’expression doté d’un langage reconnaissable, pour les anthropologues, il évoque un esprit du temps, une condition. Une condition marquée par la mondialisation, la médiatisation, la décomposition des territoires, mais plus spécifiquement par le postcolonialisme. Or, l’anthropologie ne semble pas avoir réussi jusqu’à présent à inventer un langage qui permettrait d’exprimer cette condition postmoderne et de l’analyser tel que c’est le cas dans les arts. D’où l’intérêt d’examiner les styles d’écriture de jeunes compositeurs de musique savante occidentale, qui n’ont connu que la postmodernité comme mode de vie et mode d’expression. Je m’inspire donc des réflexions qu’ils ont partagées avec moi, dans le cadre d’une enquête ethnographique réalisée en 2004 sur un concours international de composition, et plus particulièrement de leurs stratégies d’écriture pour proposer quelques repères pour une écriture anthropologique apte à répondre aux enjeux de la postmodernité.

Retour au sommaire | Texte en PDF