Comment sauver le commun du communisme? Une étude sur le volontarisme révolutionnaire et sa métaphysique de la subjectivité

Erik Bordeleau (Université de Montréal)

Résumé

Que faire de l’expérience communiste? Comment peut-elle être pensée dans le cadre de la mobilisation totale actuelle? La tentative communiste de création de l’homme nouveau met en lumière une métaphysique de la subjectivité qui traverse tout le 20e siècle et conditionne directement la réponse postmoderne actuelle et son ultime métastase publicitaire, I am what I am.

Cet article se veut un travail d’élucidation de la configuration volontariste-révolutionnaire. Nous commencerons par une analyse des conditions esthétiques de production de l’homme nouveau, en cherchant à éclaircir les aspects les plus sombres de la logique d’épuration révolutionnaire et son rapport à la subjectivité. Dans un deuxième temps, nous reviendrons sur la rupture entre Sartre et Merleau-Ponty, laquelle nous permettra de mettre en évidence la métaphysique de l’action au cœur de la théorie sartrienne de l’engagement et nous amènera ainsi au cœur de ce que De Martino a un jour appelé « la crise de la présence ». Nous terminerons avec quelques considérations en vue d’une politique dite « extatique » de la présence et de l’anonymat, l’idée étant de dégager la voie pour une conception poïétique et non-métaphysique du politique que nous ne pourrons guère qu’esquisser en conclusion de notre travail.

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