La mise à distance familière : dénouer les touillons du terrain pour tisser les fils de l'écriture

Sarah Carton de Grammont (EHESS-Paris, LAIOS-CNRS)

Résumé

Faire du terrain, c’est choisir – y compris choisir de se laisser choisir. Ensuite, l’intelligibilité que nous construisons d’autrui passe, paradoxalement, par une mise à distance pour rendre familier. L’article fait le récit de ce périple, des engagements ou emberlificotements sur un terrain emblématique de la Moscou post-soviétique, au traçage progressif du périmètre du texte écrit et de ses visées. Maintenant que je suis revenue, qu’est-ce que je veux faire et pour faire quoi? À qui est-ce que j’écris, contre qui, avec qui? À quoi est-ce que j’aimerais que cela serve, si tant est que je souhaite que cela serve à quelque chose? Écrire, c’est donc encore choisir – singulièrement, c’est se choisir une définition de l’anthropologie. Ici, chanter ou narrer le monde anthropologiquement servirait à instruire les lecteurs de cette narration, à changer ce monde, et/ou à ne servir à rien de spécial…

Retour au sommaire | Texte en PDF