L'utilisation de données ethnographiques vidéo à des fins de luttes territoriales : accident de terrain ou juste retour à la communauté?

Maude Désilets (Collège André-Laurendeau)

Résumé

La caméra vidéo fait désormais partie de la trousse d’outil que l’anthropologue emporte avec lui sur le terrain. Or, plusieurs exemples ethnographiques attestent que la caméra n’est jamais un outil neutre. De 2004 à 2006, notre équipe de recherche participait à sa façon aux luttes territoriales des Autochtones brésiliens Kaingang par l’utilisation de nos données ethnographiques vidéo. C’est à travers cet exemple concret qu’il nous est possible de prendre position sur l’engagement de l’anthropologue dans des conflits politico-économiques où un parti pris est amené sur la place publique. Est-ce vraiment là le rôle des anthropologues? Une telle démarche, loin d’être isolée, s’inscrit dans une tradition d’anthropologie engagée où le scientifique sort du cadre de l’observation pour s’immiscer davantage dans la trame sociohistorique du groupe étudié. Les dilemmes, les enjeux et les stratégies du chercheur engagé sont illustrés à travers cet exemple particulier où le terrain mène sur une voie qui ne peut, de quelconque façon, demeurer neutre.

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