Vers une ethnographie de la communauté qui vient ? Remarques imaginales sur un terrain comparatiste

Erik Bordeleau (McGill University)

Résumé

En quoi consiste un terrain de recherche en littérature comparée, compte tenu du caractère littéraire, artistique ou imaginal de ses objets de recherche ? Comment rendre compte de l’apport de ce que d’aucun juge comme une indispensable expérience d’immersion dans une culture étrangère sur le plan de la production d’un savoir transculturel ?

Plutôt que de m’interroger sur la conformité de mon travail aux exigences de l’ethnographie classique, j’aimerais déplacer légèrement la perspective en me penchant sur des questions relatives au lieu propre de ma recherche. Mon doctorat s’organise en effet autour d’une urgence focale : [E]scape. Ce concept suggère un horizon et un mouvement de fuite immanent; sa graphie même signale un espace interstitiel, une disjonction. Concrètement, ce concept a commandé la production d’une série d’analyses théoriques et artistiques portant principalement sur le cinéma et l’art contemporain chinois, conçues comme autant de passages ou itinéraires de désubjectivation.

Au-delà, ou plus précisément, en-deçà de la mise en scène d’un « avoir été là » par lequel se justifie traditionnellement la démarche ethnographique, je me propose de décrire, dans une optique à la fois imaginale et spéculative, en quoi ces itinéraires, parce qu’ils se définissent par les lieux d’une prise toujours locale et singulière, se constituent ultimement comme parcours de déprise. n œuvre d’interventions dites intégrées et globales. Nous concluons en situant la pratique de l’ethnographe dans ces espaces sociaux, et plus largement, dans les organismes publics.

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